Analyse de l’économie - Québec : 2026

Données démographiques

Points saillants

9,1 millions de personnes habitent au Québec en 2025, une hausse de 0,7 % par rapport à 2024, mais de 4,5 % depuis 2022.

La population du Québec, avec un âge médian de 42,8 ans, est plus vieillissante que l’ensemble du Canada (40,6 ans)

  • Le poids démographique du Québec dans le Canada se fixe à 21,7 %, alors qu’il était à 22,5 %, 5 ans plus tôt.
  • Toutes proportions gardées, le Québec compte en 2025 plus de personnes de 65 ans et plus (21,7 % contre 19,5 %) que la moyenne canadienne et une part semblable de jeunes de moins de 20 ans (20,6 %).
  • En 2035, une personne sur quatre (25,2 %) serait âgée de 65 ans et plus, une augmentation de 3,6 points de pourcentage (p.p.) en 10 ans, d’après le scénario de référence de l’automne 2025 de l’Institut de la statistique du Québec.
  • Le ratio de dépendance démographique a augmenté significativement depuis 2020, passant de 68,2 % à 73,4 % en 2025. Cela signifie qu’il y a 73 personnes de moins de 20 ans et de 65 ans et plus pour 100 personnes en âge de travailler (20 à 64 ans) en mesure de les soutenir.

Le nombre d’immigrants en emploi au Québec s’est fixé à 1 157 400 en 2025, une augmentation de 7,9 % par rapport à 2024. Parmi ceux-ci, 251 900 sont temporaires, en hausse de 30,0 % comparé à 2024. Inversement, l’emploi a diminué de 0,2 % pour la population non immigrante. Le poids des immigrants dans l’emploi se fixe ainsi à 24,9 %, une part supérieure à leur poids dans la population des 15 ans et plus (23,1 %).

En 2025, le Québec a continué de voir sa population croître grâce à un solde migratoire international positif, malgré les annonces visant à resserrer les critères d’admission pour ralentir l’afflux d’étudiants étrangers, de travailleurs immigrants et de demandeurs d’asile.

L’immigration temporaire a même dépassé le sommet de l’année précédente, avec une moyenne de 558 700 résidents non permanents sur le territoire au 1er juillet de 2025 par rapport à la même date en 2024, soit une hausse de 6,7 % en un an. En revanche, 60 100 immigrants permanents ont également été admis au Québec.

La réduction de l’immigration temporaire s’est accélérée au cours de l’année, devenant insuffisante pour compenser les décès et menant ainsi à une baisse de la population du Québec au 4e trimestre 2025.

Près de 47 % de la population du Québec (Recensement de 2021) déclare avoir une connaissance des deux langues officielles. Un peu plus de 61 % de ces personnes bilingues sont concentrées dans la RMR de Montréal.

Les Autochtones constituent 2,5 % de la population québécoise (Recensement de 2021), une proportion moitié moindre que celle du Canada (5,0 %). La performance de l’emploi chez les Autochtones a été très forte récemment, passant de 74 600 emplois en 2023 à 96 500 emplois en 2025, cette population étant généralement plus jeune.


Conditions du marché du travail

En 2025…

augmentation

L’emploi augmente de 1,7 %, en évoluant mensuellement en dents de scie

diminution

Le taux d’emploi demeure stable, se fixant à 61,3 % (61,4 % en 2024)

augmentation

Le taux de chômage enregistre une faible hausse, passant de 5,3 % à 5,6 %

augmentation

Le nombre de chômeurs est en forte progression (+7,7 %)

Taux de chômage

Montrer le tableau de données: Taux de chômage
Année Taux de chômage (%)
2016 7,2
2017 6,1
2018 5,5
2019 5,1
2020 8,9
2021 6,1
2022 4,3
2023 4,5
2024 5,3
2025 5,6
  • En 2025, le marché du travail a progressé, avec une moyenne annuelle de 4,6 millions d’emplois. L’économie a ajouté 78 800 emplois, malgré que les employeurs aient limité les embauches à la suite des aléas causés par la politique commerciale américaine.
  • La population active a augmenté de 98 500 personnes (+2,0 %), principalement en raison de la croissance démographique qui ne s’est tarie qu’en deuxième moitié d’année.
  • La hausse de la population active plus importante que la création d’emplois a porté le taux de chômage à 5,6 % (+0,3( p.p.)), avec des effets limités sur les jeunes de 15 à 24 ans à 9,7 % (+0,2( p.p.)) et inverses sur les immigrants très récents à 10,0 % (−1,3( p.p.)).
  • Le nombre moyen de postes vacants a diminué de 12,4 % à 116 500 pour l’ensemble de l’année 2025, le niveau le plus bas depuis 2019. Cette baisse, la troisième d’affilée, combinée à la hausse de chômeurs, également la troisième, confirme un marché du travail qui demeure moins serré et des pénuries de travailleurs moins présentes.

Conjoncture économique

Les facteurs économiques du Québec en 2025

Croissance ralentie découlant de l’incertitude commerciale et géopolitique

Création d’emplois contenue à la suite du vieillissement de la population

Emploi soutenu en grande partie par le secteur public

Taux d’intérêt en baisse et légère accélération de l’inflation en deuxième moitié d’année

Taux de croissance du PIB
Montrer le tableau de données: Taux de croissance du PIB
Taux de croissance du PIB
Taux de croissance du PIB
2023   0,7 %
2024   1,7 %
2025   0,7 %
Résumé de 2025…
  • En 2025, l’économie a ralenti avec une croissance de 0,7 %, contre 1,7 % l’année précédente, mais affiche un même taux que lors de la récession technique de 2023.
  • Cette performance est due en partie à une hausse démographique, avec l’arrivée d’immigrants permanents alors que ceux temporaires étaient en baisse, et qui ont fait croître la population et l’économie du Québec surtout en première moitié d’année.
  • Le taux d’intérêt directeur de la Banque du Canada a poursuivi sa baisse, passant de 5 % en avril 2024 à 2,25 % en octobre 2025, alors que l’inflation au Canada est maintenant maitrisée.

Risques pour l’économie du Québec en 2026

  • Une récession économique résultant des tarifs douaniers américains et des répliques canadiennes et internationales perturbant les chaines d’approvisionnement.
  • Une accélération des pressions inflationnistes liées à la hausse des coûts pour les entreprises et les consommateurs, mais aussi à la hausse des prix du pétrole causée par la guerre en Iran, menant potentiellement à une hausse des taux d’intérêt.
  • Les incertitudes géopolitiques et économiques persistantes liées à l’administration américaine, aux résultats de la renégociation de l’ACEUM et à la continuation des tensions commerciales à l’échelle mondiale.
  • Inflation et récession simultanées limitant la possibilité de la Banque du Canada d’utiliser efficacement les outils monétaires dont elle dispose.
  • Une éventuelle hausse des postes vacants avec le recul de l’immigration dans un contexte de besoins persistants de main-d’œuvre spécialisée malgré un ralentissement.

Enjeux provinciaux

L’incertitude liée aux tarifs douaniers américains sur les produits canadiens, et les risques de ralentissement économique mondial et d’une guerre prolongée en Iran influenceront les décisions d’affaires en 2026, réduisant les investissements et ralentissant les embauches.

La diminution du bassin des travailleurs disponibles, due aux nouvelles restrictions en immigration et à la croissance démographique limitée, pourrait accentuer les difficultés de recrutement dans les secteurs en pénurie de main-d’œuvre au Québec.

L’objectif des gouvernements d’atteindre l’équilibre budgétaire freinera la croissance des dépenses, ralentissant les projets et limitant le recrutement dans le secteur public, malgré des besoins élevés en santé et en éducation.


Tendances de l’industrie

Montrer le tableau de données :Variation de l’emploi par industrie (SCIAN) en 2025
Variation de l’emploi par industrie (SCIAN) en 2025
Industrie (SCIAN) Variation de l’emploi
Finance, assurances, immobilier et location 32,8 k (12,3 %)
Services d'enseignement 29,4 k (8,3 %)
Soins de santé et assistance sociale 19,9 k (3,0 %)
Commerce de gros 10,6 k (7,1 %)
Commerce de détail 6,6 k (1,3 %)
Biens durables 5,3 k (1,8 %)
Administrations publiques 3,4 k (1,1 %)
Hébergement et restauration 3,2 k (1,3 %)
Foresterie, pêche, mines, pétrole et de gaz 2,6 k (7,0 %)
Services publics 2,3 k (7,5 %)
Fabrication 1,8 k (0,4 %)
Agriculture 0,3 k (0,6 %)
Services professionnels, scientifiques et techniques 0,1 k (0,0 %)
Transport et entreposage −2,8 k (−1,2 %)
Biens non durables −3,5 k (−1,7 %)
Construction −6,8 k (−2,0 %)
Autres services −6,9 k (−3,9 %)
Information, culture et loisirs −8,8 k (−4,5 %)
Services aux entreprises, aux bâtiments et de soutien −9,1 k (−5,4 %)

 


  • Dans l’ensemble, l’emploi a progressé en 2025, mais la croissance a été pratiquement nulle dans la production de biens (0,0 %), contrairement au secteur des services (2,2 %).
  • Malgré les enjeux tarifaires, la fabrication évite le pire sans recul de l’emploi sur l’année.
  • Dans les services, les plus fortes hausses ont été observées dans la finance, les assurances, l’immobilier et la location, qui a ajouté 32 800 emplois, et dans les services d’enseignement (+29 400).
  • Des hausses d’emplois notables ont aussi été enregistrées dans la santé et les services sociaux (+19 900) et dans le commerce de gros (+10 600) et de détail (+6 600).
  • En revanche, les secteurs ayant subi les plus importantes pertes sont les services aux entreprises, aux bâtiments et de soutien (−9 100) et l’information, la culture et les loisirs (−8 800). Dans ce dernier secteur, l’édition (−10 200) et l’industrie du film et de l'enregistrement sonore (−9 400) ont été particulièrement touchées.


Perspectives professionnelles


  • Pour la période 2025-2027, les professions dont les perspectives sont les meilleures se concentrent dans les grandes catégories professionnelles suivantes : la santé; les affaires, la finance et l’administration; la fabrication et les services d'utilité publique.
  • À l’inverse, les professions avec les perspectives les plus limitées se retrouvent dans : les métiers, le transport et la machinerie; la vente et les services; les sciences naturelles et appliquées.


Conditions économiques régionales


  • En 2025, plusieurs régions du Québec ont connu des baisses d’emplois. En proportion de l’emploi régional, le Bas-Saint-Laurent (−6,4 %; −6 500 emplois) et l’Abitibi-Témiscamingue (−6,3 %; −4 800 emplois) ont connu les décroissances les plus importantes.
  • Les principaux gains en proportion de l’emploi régional ont été enregistrés en Mauricie (+5,7 %; +7 600 emplois), à Montréal (+4,8 %; +52 400 emplois), au Saguenay–Lac-Saint-Jean (+4,8 %; +6 000 emplois) et au Centre-du-Québec (+4,0 %; +5 300 emplois).
  • Contrairement à l’année précédente où la RMR de Montréal avait perdu 19 800 emplois, celle-ci fait très bonne figure avec 49 500 emplois créés, soit une croissance de 2,1 %.
Montrer le tableau de données : Variation de l’emploi en 2025
Variation de l’emploi par région économique en 2025
Région Variation de l’emploi
ENSEMBLE DU QUÉBEC 1,7 % (78,8 k)
Mauricie 5,7 % (7,6 k)
Montréal 4,8 % (52,4 k)
Saguenay–Lac-Saint-Jean 4,5 % (6,0 k)
Centre-du-Québec 4,0 % (5,3 k)
Capitale-Nationale 3,4 % (14,3 k)
Chaudière-Appalaches 2,7 % (6,6 k)
Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine 2,2 % (0,8 k)
Laval 0,9 % (2,2 k)
Montérégie 0,9 % (7,5 k)
Laurentides −0,2 % (−0,8 k)
Estrie −0,5 % (−0,8 k)
Côte-Nord & Nord-du-Québec −1,3 % (−0,7 k)
Outaouais −2,0 % (−4,4 k)
Lanaudière −2,1 % (−5,9 k)
Abitibi-Témiscamingue −6,3 % (−4,8 k)
Bas-Saint-Laurent −6,4 % (−6,5 k)

 


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